Impressions
Après ces deux courts voyages au Japon, comment pourrais-je prétendre porter un jugement sur son mode de vie ? D'autant plus que les seules japonaises avec qui j'ai vraiment discuté habitent à Paris ! J'ai bien quelques connaissances là-bas, par exemple un étudiant qui se débrouille tant bien que mal avec le poids du système, mais puis-je en déduire des généralités ?
Commençons malgré tout par souligner la gentillesse de mes logeuses (propriétaires d'un ryokan). Je ne crois pas que celle-ci était feinte (c'est-à-dire uniquement commerçante), contrairement aux sourires arborés par les employés dans les restaurants ou les combini. Non, l'hospitalité de ces dames souriantes et prévenantes m'a semblé très sincère. Le moment où la voix cristalline de ma logeuse de Tokyo se faisait entendre derrière la porte de ma chambre pour me demander si elle pouvait me servir une tasse de thé restera l'un de mes meilleurs souvenirs (ne comprenez pas que j'aime être dorloté, ce n'est pas mon propos). Les jeux et les rires des enfants témoignent également d'une joie de vivre non dissimulée, attitude sans doute éphémère tant on a peine à la retrouver chez beaucoup d'adultes (à l'exception des moins de 30 ans, du moins tant qu'ils ne travaillent pas dans une entreprise). Ici, je ne parle pas du domaine privé mais de ce que l'on veut bien afficher au dehors. Je prendrai pour exemple ce sens de l'effacement qu'ont les gens dans la rue ou le métro. Il est difficile de croiser un regard tant ils sont fuyants (et le plus souvent dirigés vers le sol). Evidemment, le poids accordé au travail et la densité de la foule ne risquent pas de favoriser les rencontres et les déambulations. Est-ce aussi pour ces raisons que tout semble devoir être planifié au prix de la spontanéité (lors d'un rendez-vous entre amis ou collègues, rien ne sera laissé au hasard) ?
Je finirai sur une anecdote. Dans le train de Kyoto pour Osaka, une femme d'une cinquantaine d'années nous a adressé la parole dans un français presque parfait. Elle avait passé quelques mois à Paris au début des années 70 et semblait heureuse de pouvoir discuter avec nous de nos occupations en France ou de ce que l'on souhaitait faire à Osaka. Elle s'est même proposée pour nous guider dans le métro. Vous le croirez ou non, mais elle nous a semblé un peu décalée (au point qu'Yvan était presque méfiant) tant son attitude était aux antipodes de celle des autres voyageurs.


5 Comments:
Je ne crois pas que ce amnque de spontaneite soit l'apanage des Japonais. Ici a Edimbourg, les gens de mon groupe, pourtant tous entre 22 et 25 ans, n'organisent pas grand chose. Depuis Septembre, peut-etre se sont-ils retrouves deux fois en dehors du travail, et encore, jamais au complet :-\
Et puis j'ignore si la discretion des Japonais n'est pas parfois preferable aux cris d'ecossais(es) ayant trop bu ;)
J'entends par spontanéité la possibilité de changer de plan à la dernière minute et de ne pas paniquer si les choses ne se déroulent pas exactement comme prévues.
Bien sur qu'il fallait etre mefiant! T'as pas vu ses fringues? ca m avait tout l air d etre... UN CLOU QUI DEPASSE! ;)
Sinon tes commentaires sont assez pertinents..
On peut aussi shematiser et dire que le concept de "remettre les choses en questions" est quelquechose de negatif ici..
Chez nous ou ca semble plutot etre une regle de vie. Mais n'est-ce pas la source de tous nos malheurs? ;p
N'étant jamais allée au Japon, ni en Asie d'ailleurs, je suis encore moins à meme de juger. Mais j'ai quand même envie de commenter tes impressions! Par exemple celle sur la joie de vivre des enfants et leur spontaneite : en tant que parent, j'aurais tendance a dire que c'est un denominateur commun un peu partout non (a part la ou ils crevent de faim, et encore)? Alors cela ressort peut-etre plus au Japon parce que les adultes sont tres tres tres effaces... Concernant l'attitude des gens dans la rue et les transports, il me semble que tu as à peu prés le meme regard que portent sur nous les provinciaux qui "montent" a Paris et prennent le métro. Tu ne les as jamais entendu dire : "regarde-les comme ils sont tristes, ils ne parlent à personne, ils ne sourient pas etc..."? Bon, la encore, c'est peut-etre exacerbé au Japon.
Bref, j'apporte pas grand-chose au debat. :D
J'ai voulu préciser pour les enfants parce qu'on a souvent l'image d'un Japon qui les bride énormément. Or, je les ai trouvés aussi turbulents qu'ailleurs, ce qui est plutôt rassurant.
J'avais hésité à comparer à la tronche des parisiens dans le métro. Mais elle n'est pas si terrible après tout. PLusieurs fois, j'ai discuté avec des gens que je connaissais ni d'Eve ni d'Adam.
Enregistrer un commentaire
<< Home