Bunraku

Aujourd'hui, j'ai assisté à une pièce de théâtre de marionnettes Bunraku, présentée à la Cité de la musique dans le cadre d'un festival intitulé Japon, Racines et Ruptures. Peut-être connaissez-vous comme moi le Bunraku grâce au film Dolls de Kitano (voir photo).
Sa forme actuelle date du début du 19e siècle (mais ses origines remontent au 12e siècle). Chaque marionnette est manipulée par un maître, opérant à visage découvert, accompagné de ses deux assistants, entièrement vêtus de noir (ils portent même une cagoule). Un récitant, qui confère au spectacle un caractère très littéraire, et un joueur de shamisen (un luth à trois cordes) complètent la troupe présente sur scène (d'autres musiciens demeurent en coulisse).
Evidemment, on est bien loin du théâtre de Guignol, car les thèmes abordés sont profondément tragiques. Pour vous donner un exemple, la seconde histoire racontait comment deux époux se sont suicidés (les marionnettes furent jetées "dans le vide" par leurs manipulateurs) et ont été ramenés à la vie par la déesse Kannon (celle-là même qui fut célébrée lors du matsuri auquel j'ai pu assister dans le quartier d'Asakusa à Tokyo). L'expressivité des marionnettes est rendue possible grâce à un système de fils qui provoquent un mouvement de la nuque, des sourcils ou des yeux.
Les décors étaient très beaux (une tour de surveillance, qui fut gravie habilement par une marionnette, un pavillon japonais), et des flocons de neige tombèrent comme par magie sur la scène.
J'ai été particulièrement impressionné par les arabesques vocaux du récitant, qui joue alternativement le rôle de narrateur et celui des personnages. A signaler aussi la présence de Minosuke Yoshida III, Trésor National Vivant !
P.-S. : quelques videos sur ce site.


2 Comments:
je trouve que ce post manque de subjectivite.. les decors etaient tres beaux, le narrateur doue.. Mais c etait regardable ou pas?
Plus que regardable ! C'est tellement bien fait que l'on oublie que ce sont des marionnettes manipulées par des opérateurs (présents sur scène !), que l'on entre sans mal dans l'histoire, et même que la détresse des personnages provoque en nous des émotions fortes.
Le spectacle aurait duré trois heures que j'aurais peut-être été lassé, mais 50 minutes (précédées d'une pièce de 20 minutes et d'une présentation de l'art du Bunraku) était une durée parfaite.
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